Un pays qui se tient sage

Un pays qui se tient sage : une avant première au Cinéma Concorde de Nantes la 17/09/20 dernier au jour de la Sécurité Globale d’aujourd’hui !

 

 

Qui détient le monopole de la violence ? Avec David Dufresne et Alain Bauer l’invitée du matin par Guillaume Erner le 30/09/2020 sur France Culture

Notre invité du jour a passé ses deux dernières années à s’intéresser aux violences policières. Le réalisateur et écrivain David Dufresne sort son premier long métrage “ Un pays qui se tient sage” dans lequel il décortique et analyse les violences observées lors des manifestations des Gilets Jaunes

Hier, Amnesty International publiait un rapport dans lequel l’ONG dénonce l’usage de la loi comme « arme de répression des manifestants pacifiques en France ». Marco Perolini, chercheur pour la France à Amnesty International, condamne dans cette enquête “une volonté politique de faire des exemples et dissuader les gens de descendre dans la rue”. Si les images des violences émanant des manifestations ont été grandement relayées depuis les manifestations des Gilets Jaunes ; le traitement judiciaire des manifestations reste lui flou. Que révèle une telle enquête au sujet de l’Etat français ? Peut-on parler d’une violence liée au traitement judiciaire des manifestants ? L’Etat français a-t-il un problème au sujet de la légitimité de l’usage de la violence ?

Pour en parler ce matin, David Dufresne, écrivain et réalisateur du documentaire “Un pays qui se tient sage”, qui sort en salles le 30 septembre et Alain Bauer, professeur titulaire de la Chaire de Criminologie du Conservatoire National des Arts et Métiers et auteur de “Les Protecteurs : la gendarmerie nationale racontée de l’intérieur” aux éditions Odile Jacob sont nos invités. 

L’échec de la politique de maintien de l’ordre en France 

La perte de professionnalisation et la réduction drastique des effectifs spécialisés amènent à une augmentation massive de la violence. Il n’y a rien de nouveau sur la confrontation et le rapport de force entre l’Etat et la population, l’Etat ne fonctionne qu’au rapport de force. Alain Bauer

" Il y a un problème de professionnalisation et de maintien de l’ordre en France. Hier, Amnesty International sortait un rapport accablant sur la criminalisation des manifestations, sur la judiciarisation des manifestants, sur le fait que le droit international n’est pas respecté en France. (...) D’un point de vue de l’Intérieur, quel échec de modifier la doctrine pour des casseurs. Que l’on fasse des nouveaux schémas de maintien de l’ordre, que l’on nous martèle que le problème provient des 100 ou 200 personnes que l’on appelle Black Bloc. De mon point de vue, c’est un échec politique." David Dufresne

Un changement de politique sécuritaire nécessaire ? 

" La violence est le mode de d’organisation du dialogue social en France. En France, on casse d’abord, on discute ensuite. Le maintien de l’ordre est le maintien de l’ordre de l’Etat, c’est une prérogative particulière de l’Etat. (…) La doctrine du maintien de l’ordre a été condamnée par le Conseil Constitutionnel qui interdit les interpellations préventives. Mais c’est une culture de l’Etat qui doit être changé et qui malheureusement a le plus grand mal à progresser." Alain Bauer 

On parle de démocratie. On parle d’où va la démocratie. À l’étranger, la police ne réagit pas de la même manière. La police française depuis une quinzaine d’années, se croyant supérieure aux autres, s’est repliée sur elle-même, ses techniques et ses doctrines. N’oublions pas que dans une démocratie, le niveau de violence est établi par l’État et les forces de police. David Dufresne 

Comment comprendre la définition de Max Weber sur le monopole de la violence ? 

La phrase de Max Weber (l’État est une communauté humaine qui revendique le monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire donné) est fulgurante, elle date de 1919. L’État revendique l’usage de la force. Mais ce qui est communément admis, c’est que l’État détient le monopole. Max Weber nous invite à réfléchir sur les notions de monopole, de violence légitime et d’État. David Dufresne 

" Il y a eu 122 journalistes blessés ou entravés dans l’exercice de leur fonction lors des manifestations des Gilets Jaunes par les forces de l’ordre. Ces policiers qui ont exigé que des journalistes effacent des cartes mémoires, qui donnent des coups de matraque sur des objectifs, c’est extrêmement grave. Parce que ça nous renvoie à Max Weber sur le monopole de la violence légitime. À partir du moment où l’Etat le revendique, il se doit d’être exemplaire. S’il ne l’est pas, on doit discuter." David Dufresne

L’image, une arme cinématographique 

Les deux piliers du film sont le dialogue entre des binômes très divers et les images. L’intérêt de s’arrêter sur ces images des violences visibles lors des manifestations des gilets jaunes, de les montrer en plan-séquence, de les montrer sur le grand écran est une façon de ne pas détourner le regard et de regarder réellement les choses. David Dufresne

" Les intervenants de mon film ont un point commun : ils sont prêts à la discussion. On a essayé d’être le plus possible dans le naturel et dans le fond de chacun. J’ai décidé de ne pas donner le nom et le statut des intervenants pour être immergé et pour réfléchir avec ces gens-là et perdre nos présupposés. Il y a un jeu qui s’opère entre le spectateur et lui-même." David Dufresne

Vous pouvez (ré)écouter l’interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

 
 

Quelques liens : pêché sur Paris lutte infos

Playlist d’interviews sur la chaine Youtube de David Dufresne

Nombreux articles chez la Quadrature du Net

Amnesty International France

Ligue des Droits de l’Homme

The Guardian

Retour la manif parisienne sur Paris lutte infos

Die Zeit (dont on a repris le titre Autoritäres Absurdistan)

Infos locales · Répression - prisons

Absurdistan Autoritaire #PPLSécuritéGlobale,#LPR,#17novembre

Mardi 17 Novembre 2020, pour le 2e anniversaire du début des Gilets Jaunes, en plein 2e confinement, en plein dans cette séquence de consécration hypocrite de la liberté d’expression, alors que le film documentaire de David Dufresne « Un pays qui se tient sage » a fait un carton (quoiqu’on en pense), le gouvernement sarkozyste de Macron se prépare à passer un nouveau cap dans l’autoritarisme avec sa PPL Sécurité Globale et la LPR. Au programme, des peines de prison pour avoir filmé des policiers sadiques ou pour s’être organisé politiquement en occupant sa fac...

  • Le rassemblement s’est terminé... sous les gaz policiers

    Ils n’ont pas pu s’en empêcher
    Les policiers ont plus ou moins gazé toutes les personnes qui désiraient partir. Il y a au moins un blessé un peu sérieux.
    Les flics ont fait usage de leur canon à eau et ont utilisé des grenades de désencerclements. Bref ils ont pratiqué leur sale besogne comme à leur habitude. C’est justement ce genre de situation qu’ils ne veulent plus voir être mis en lumière par la vidéo ou la photo.
    La loi de sécurité globale ne doit pas passer !

  • Ça bouillonne du coté de l’Assemblée !

    Des tentatives de manifs sauvages ont lieux en ce moment autour de l’Assemblée Nationale. « Paris debout soulève toi ! »
    Gazages policiers en cours. Flux et reflux des manifestant.e.s
    Il y a de nombreux rassemblements similaires en cours comme dans les villes de Lyon, Nantes ou Toulouse par exemple.

  • C’est la fête contre la loi de sécurité globale

    On a beau être un soir de semaine, pendant le confinement, il y a toujours énormément de monde tout autour de l’Assemblée Nationale.
    Feux d’artifices au dessus de la Seine, techno anti-capitaliste boulevard Saint-Germain, bref ce soir on fait la fêtes aux politiques sécuritaires !

  • Plusieurs milliers de personnes devant l’Assemblée

    Plusieurs milliers de personnes sont actuellement devant l’Assemblée Nationale pour dénoncer la loi de sécurité globale.
    Pendant que les politiques font des discours des fumigènes sont craqués.
    Les slogans anti-capitalistes sont bien repris ainsi que le désormais célèbre « Tout le monde déteste la police !

  • Les manifestant.e.s arrivent devant l’Assemblée Nationale

    Contre le projet de loi de « sécurité globale » de nombreuses personnes convergent devant l’Assemblée.
    Pas mal de monde avec des tambours, des chants comme « Macron nouc fait la guerre... »
    La BRAV est postée du coté de la place Jacques Bainville.
    Attention à vous !

  • Des milliers de personnes devant la Sorbonne

    Du monde devant la Sorbonne à Paris pour protester contre le projet de loi de réforme de l’Université , avec tentative de départ en manif sauvage (pour l’instant avortée). La place semble en fait pré-nassée.

  • La BRAV présente sur place contrôle les attestations boulevard Saint-Michel.

 

 

SI SAGE GLOBALEMENT                                                                                                                                SOUS COUVRE FEU ...!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hier, jour de Sécurité Globale : JM Delarue sur France Culture

Les libertés publiques face aux défis sanitaires, terroristes et sociaux avec JM Delarue

"lors que la France doit affronter les menaces sanitaires et terroristes dans un climat social déjà complexe, on se pose ce matin la question de l’équilibre entre sécurité et libertés publiques

Il y a deux ans, les Gilets Jaunes occupaient pour la première fois les ronds-points. Depuis, le climat social a bien changé. Au-delà de la colère, le pays se retrouve confronté à la menace terroriste et doit répondre à un des plus grands défis sanitaires du siècle. Entre lois pour le maintien de l’ordre public et basculement dans l’état d’urgence, les libertés publiques se retrouvent limitées. Aujourd’hui, l’assemblée nationale examine la proposition de loi sur la sécurité globale.

Est-ce que ces mesures sont pour autant liberticides ? La démocratie a-t-elle les moyens de se défendre avec l’arsenal législatif existant ? Les libertés publiques sont-elles menacées ? 

Nous serons en compagnie de Jean-Marie Delarue, ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté et ancien président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme."

 

 

                                                                                                     AU CINÉMA LE CONCORDE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation du Film .............et parole à l’Observatoire .........

           l’observatoire des libertés                                                   APPLAUDISSEMENTS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                   DEBAT APRÈS LA SÉANCE : ÉCHANGES AVEC LE PUBLIC

                                                                                           (celui de la grande salle le 17/09/20)

 

 

Marcelo

Author: Marcelo

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