la carte de Laaroussa

Une invitation à voyager dans la carte de Laaroussa à Sejnan en Tunisie

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On peut écouter la bande son de la vidéo ici

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LAAROUSSA (la poupée) _2011 … vers une coopérative de production des femmes potières de Sejnane

                            
                                                                      Installation arts plastiques et visuels  
                                                        carte textile et tactile, projections multi écran

Laaroussa est la restitution d’une aventure artistique partagée et d’une rencontre singulière entre des femmes potières de la région de Sejnane, des femmes couturières-brodeuses de Nantes et des artistes tunisiens, français et béninois. Avec l’art pour langage commun et l’argile comme matière première, tous ont façonné ensemble le visage d’une communauté interculturelle idéale et ont créé en toute liberté une coopérative de production artistique, donnant naissance à plusieurs créations de février à juin 2011. Les sculptures, films, textes, musiques, photos présentés se veulent avant tout les échos d’un voyage humaniste inventé dépassant les frontières sociales et culturelles.

L’art a ce pouvoir de faire naître des moments forts de partage et d’expérience sensible où toute hiérarchie est bannie et où l’organisation horizontale d’une communauté permet l’expression des compétences individuelles de chacun dans une dynamique collective et créative. Le fait artistique et la création partagée deviennent alors catalyseur et déclencheur d’un désir plus large de voir naître un projet d’une action collective et d’une communauté désirante de mettre en place une coopérative de production valorisant le savoir-faire exceptionnel des femmes potières de Sejnane : façonner des poupées d’argile à visage humain dans une société où la religion islamiste rejette la figuration.

Ce genre de dispositif artistique coopératif expérimente de nouveaux modes de fonctionnement sociaux où toutes les compétences sont sollicitées pour faire œuvre ensemble.

Projet présenté du 20 juillet au 30 septembre à Dar Bach Hamba dans la Médina (Tunis) et en septembre dans le cadre d’itinéraires artistiques à la Galerie du Rayon Vert (Nantes)

Projet soutenu et financé par la Fondation Anna LINDH et le service de la Coopération internationale de Nantes Métropole.

Les partenaires opérationnels et financiers

Cette exposition propose de vivre l’art en tant qu’expérience sensible et partagée. 60 femmes potières de Sejnane, 5 femmes couturières d’Arlène de Nantes, les artistes tunisiens du collectif DREAMCITY et les plasticiennes de LA LUNA se sont embarqués dans ce projet créatif et coopératif.

LES ATELIERS DE PRODUCTION SUR PLACE À SEJNANE

                                                         Co-construction d’un lieu de travail collectif

Sur place, nous avons été accueillis par Aïda à JMAÎHAT, commune de SEJNANE. Elle nous a ouvert son lieu en construction pour développer nos ateliers avec l’ensemble des artisanes. Ce lieu s’est avéré un espace idéal pour accueillir l’énergie collective et les moments de vie et de travail de cette communauté inventée. La forme des ateliers n’a pas été prédéterminée mais définie lors des repérages à partir des discussions et des désirs d’accomplissement professionnel des femmes. Notre espace s’est structuré selon leurs envies et les nécessités liées au travail lui-même : laboratoire de création (danse, film, écriture), atelier de modelage, crèche et salle de jeu pour les enfants., cuisine, espace de cuisson des poteries, jardin.

CHANSON DE GESTE CONTEMPORAINE DE LA POETIQUE DES POTIERES

                                                               Film vidéo réalisé par CeCIL THUILLIER

Les poteries de Sejnane prennent forme selon une gestuelle ancestrale transmise de génération en génération. Les artisanes arrachent l’argile à la terre, broient des briques, pétrissent, modèlent. Dans leurs mains, la boue devient poupée, cuillère, assiette. Imprégnés de ces mouvements savamment maîtrisés et répétés à l’envi, Selma et Sofiane Ouissi, duo de chorégraphes, a collecté au fil des ateliers son propre matériau pour créer une forme de chorégraphie inédite, qui met en scène les gestes des potières, à blanc. Ils ont ainsi élaboré un véritable processus d’écriture chorégraphique, tel un alphabet gestuel leur permettant d’explorer les résonances poétiques du mouvement entre ouvrage et danse. A partir de ces portraits gestuels, la réalisatrice CeCiL Thuillier, le monteur Nicola Sburlati et le créateur de paysages sonores David Bouvard, ont réalisé un film poétique, entièrement conçu in situ.

UNE CARTOGRAPHIE RÊVÉE MAIS RÉELLE

                 Carte textile et tactile réalisée par les femmes-couturières d’ARLENE

Les femmes couturières de l’association Arlène* de Nantes ont fabriqué et composé une cartographie sensible qui dessine la topographie de leur territoire de vie et d’activité des potières de Sejnane dans le but de leur offrir. Divers matériaux (tissus, terre, papier, laine, peinture) et techniques (couture, broderie, dessin...) ont été utilisés pour fabriquer cette carte. Son contenu repose sur l’expérience humaine et les liens qui se sont tissés au fil du projet : un territoire imaginaire d’individus extraits de leur isolement social et géographique par l’union de leurs forces et de leurs savoir-faire. Telle une métaphore du sens humaniste du projet, elle dessine le chemin commun de cette société composite qui est le ferment du projet de Laaroussa.

  • Fatima AYACHI, Khaddouma BELLAHCEN, Anne-Françoise MENAGER, PASKALLE MIHINDOU, Zozan OTZEKIN

Quelques témoignages des femmes de Nantes : Anne-Françoise : « Ces femmes de Sejnane ont de l’or dans les mains et il faut le faire savoir, toute cette énergie des femmes nous donne de l’énergie à nous, cela bouscule nos a priori » Zozan: « Travailler avec des personnes de différents métiers prouve qu’on peut ensemble changer le monde. La puissance du collectif nous porte et nous propulse dans l’action et l’espoir. Dans l’interculturel, c’est la réciprocité qui devient notre richesse à tous » Khaddouma et Fatima : « L’importance de nos parcours de migrantes en France et ce que nous avons échangé ont modifié la vision des femmes de Sejnane. Elles ont mesuré aussi nos difficultés. Nous nous sommes souvenues de notre enfance et cela nous donne envie de reprendre des cours en arabe » Laure : « Créer plus de temps entre nous pour prendre le temps de faire les choses ensemble et d’inscrire gestes, paroles et attention réciproques ». Paskalle : « Touchée par cette expérience, où les petites filles, voyant leurs mères en action, ont l’impression que des portes et des possibles de devenir s’ouvrent pour elles. Les femmes de Sejnane sont conscientes que toutes les personnes du collectif Laaroussa (environ 20 personnes), forment UN avec elles, elles ont le sentiment que l’on faisait les mêmes choses et gestes qu’elles pour construire du sens commun. Chaque geste devient collectif, tous FONT ensemble ceux de France, ceux de Tunis et les Femmes de Sejnane » Marie-P. : « Nous ne sommes pas dans la donation, nous sommes au même niveau, en coopération active et puissante avec toutes ces femmes de Sejnane dans l’action, précises dans leur geste, énergiques et travailleuses. Nous étions tous baignés de tendresse et en confiance ». Anne : « Nous avons construit du collectif, et savoir que la coopérative peut naître d’un acte créatif partagé devient symbolique ».

Le TEMPS de la POUPÉE : un temps rêvé pour soi à plusieurs voix

                                                            Film vidéo réalisé par le collectif LA LUNA   
                                                                                                             multiprojection

Réalisé par le collectif La Luna, ce film rend hommage à la communauté et au partage. Il retrace les étapes de la création collective d’une poupée d’argile (figure emblématique de la poterie de Sejnane), habituellement produite individuellement, mais cette fois réalisée symboliquement à plusieurs. Toutes prennent place et corps, lentement au rythme du montage virtuel, autour de la Poupée en train de naître de la terre : sons, souffles, mots, chants, paysages viennent résonner, donnant matière à sentir, penser et rêver, créant une « poésie spéciale », librement inspirée de LULLABY de Jean-marie Le Clézio. C’est la puissance de chacune d’elles liée à celle d’une autre qui forme la chaîne d’humanité des femmes potières de Sejnane. Pour toutes, c’est le dessein d’un chorus révolutionnaire et d’une action collective qui se fait jour ici, sortant chacune d’elle de son territoire existentiel pour l’emporter, pour la décoller vers un devenir plus large, commun et partageable. Les femmes artisanes de Sejnane sont « actantes » du processus créatif et deviennent « figures » de l’œuvre. Elles mettent en scène l’espace-temps rêvé de leur future coopérative de production prévue pour 2013.

Marcelo

Author: Marcelo

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