« Les événements de dimanche montrent combien l’extrême droite nationaliste portée par Jair Bolsonaro et ses partisans est marquée par la vacuité et une haine profonde de la culture »,

jornal do Mundo

« Les événements de dimanche montrent combien l’extrême droite nationaliste portée par Jair Bolsonaro et ses partisans est marquée par la vacuité et une haine profonde de la culture », a réagi auprès du Monde Armelle Enders, historienne spécialiste de l’histoire contemporaine du Brésil :

« Aux yeux des bolsonaristes, la valeur patrimoniale des biens culturels comme environnementaux n’existe pas. Cela s’est exprimé par la destruction de nombreuses œuvres présentes dans les trois lieux du pouvoir brésilien, qui sont eux-mêmes des chefs-d’œuvre de l’architecture moderniste et ont été attaqués pour ce qu’ils sont et représentent. »


https://www.lemonde.fr/international/article/2023/01/09/au-bresil-plusieurs-tableaux-et-des-joyaux-architecturaux-de-la-capitale-endommages-par-des-partisans-de-jair-bolsonaro_6157194_3210.html

Une marée jaune et vert de bolsonaristes, qui refusent le résultat de l’élection présidentielle, a saccagé, dimanche 8 janvier, plusieurs bâtiments officiels de Brasilia, la capitale brésilienne. Plusieurs centaines de ces radicaux violents ont provoqué des dégâts considérables dans les trois immenses palais, signés du génial architecte Oscar Niemeyer, qui sont des trésors de l’architecture moderne et font office de véritables musées, regorgeant d’œuvres d’art.

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Plusieurs tableaux d’une valeur inestimable ont ainsi été endommagés. Comme l’a rapporté le quotidien brésilien O Globo, la toile As Mulatas, du grand peintre moderniste Emiliano Di Cavalcanti, représentant des femmes noires et métisses discutant aux abords de la mer, exposée au palais présidentiel du Planalto, a été perforée en plusieurs endroits.

Des ouvriers prennent des mesures pour remplacer un miroir brisé où est accroché le tableau vandalisé « As Mulatas » du peintre Emiliano Di Cavalcanti, au palais du Planalto à Brasilia, le 9 janvier 2023.

Un personnel de sécurité se tient à l’intérieur du palais du Planalto à Brasilia, le 9 janvier 2023.

Au Congrès, l’Araguaia, un vitrail du salon vert (l’équivalent de la salle des Quatre-Colonnes de l’Assemblée nationale française) datant de 1977 et signé par la franco-brésilienne Marianne Peretti, a également été abîmé. L’artiste est la seule femme membre de l’équipe d’Oscar Niemeyer, créateur de Brasilia aux côtés de l’urbaniste Lucio Costa. Selon le site Terra et CNN Brésil, le socle de la sculpture Bailarina, de l’artiste italo-brésilien Victor Brecheret, a également disparu de l’hémicycle.

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Des œuvres d’une valeur inestimable pillées

Au Tribunal suprême fédéral (STF), le fauteuil de Rosa Weber, présidente de l’institution, dessiné par le designer polono-brésilien Jorge Zalszupin, a été arraché. Un crucifix a également été endommagé, et la statue de la justice aux yeux bandés, signée Alfredo Ceschiatti et située en face, sur la place des Trois-Pouvoirs, a été taguée.

Le « hall des bustes », exposant des représentations de personnages importants de l’histoire du Brésil, a lui aussi été vandalisé. Les bustes de l’homme politique et écrivain Ruy Barbosa et de l’abolitionniste Joaquim Nabuco ont été brisés. Un exemplaire original de la Constitution de 1988 a par ailleurs été volé. Un tapis ayant appartenu à la princesse Isabel (qui avait signé l’acte d’abolition de l’esclavage, en 1888) a été endommagé, de même que plusieurs meubles précieux centenaires, datant de l’empire brésilien et de Dom Pedro II.

Un ouvrier retire des chaises d’une fontaine au palais du Planalto à Brasilia, le 9 janvier 2023.

« Les événements de dimanche montrent combien l’extrême droite nationaliste portée par Jair Bolsonaro et ses partisans est marquée par la vacuité et une haine profonde de la culture », a réagi auprès du Monde Armelle Enders, historienne spécialiste de l’histoire contemporaine du Brésil :

« Aux yeux des bolsonaristes, la valeur patrimoniale des biens culturels comme environnementaux n’existe pas. Cela s’est exprimé par la destruction de nombreuses œuvres présentes dans les trois lieux du pouvoir brésilien, qui sont eux-mêmes des chefs-d’œuvre de l’architecture moderniste et ont été attaqués pour ce qu’ils sont et représentent. »

Le conseil d’architecture et d’urbanisme a dénoncé un attentat grave contre « le premier ensemble urbain du XXe siècle reconnu comme patrimoine mondial par l’organisation des Nations unies ». Pour José Nascimento, ex-président de l’Institut brésilien des musées, cité par le quotidien Folha de Sao Paulo, il s’agit de « crimes, de dommages au patrimoine public » et pourraient justifier des peines de prison à titre « terroriste ».

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Marcelo

Author: Marcelo

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