Quels pouvoirs pour la Culture ?

invités:

-Fleur Pèllerin, Ministre de la Culture

-Michael Moreau coauteur de "Main basse sur la culture" (La Découverte)

-Michel Guerrin, service culturel du Monde

Chronique internationale : Emmanuel Wallon, professeur à Paris Ouest-Nanterre

 

cliquez sur le lien en dessous.

 

 

 

A première vue, il faut être un peu masochiste pour vouloir s’installer rue de Valois et occuper la fonction de Ministre de la Culture. 

Si les locaux sont agréables, et que l’on a souvent l’occasion d’aller voir des spectacles et des expositions en avant-première, être aujourd’hui ministre de la Culture ne relève pas vraiment de la sinécure.  

D’abord, le siège est large et de très prestigieux prédécesseurs ont marqué de leur empreinte l’histoire du ministère. On pense immédiatement à deux d’entre eux, André Malraux et Jack Lang, qui continuent d’exercer dans l’imaginaire collectif un pouvoir tutélaire parfois embarrassant pour un nouvel arrivant. 

On se souvient du mot de Frédéric Mitterrand couronné d’un prix de l’humour politique en 2010 : « Quand on m’appelle Monsieur le Ministre, j’ai toujours l’impression que Jack Lang va surgir derrière moi ! » 

Autre contrainte de la fonction : endosser malgré soi la responsabilité d’accompagner le déclin progressif d’un ministère dont l’action a pu autrefois être au centre de la vie politique, mais qui aujourd’hui, occupe un pan restreint des politiques publiques, et dont les ors prestigieux dissimulent mal les béances. 

Force est de le constater : pour une multitude de raisons, la Culture est sortie du champ des priorités politiques. Alors qu’elle a pu représenter un pouvoir quasi-régalien du Président de la République sous la Cinquième République jusqu’à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande n’ont jamais, malgré leurs dénégations, investi le champ culturel. 

Les contraintes financières ont fait le reste, et maintenir le budget de la Culture est devenu le nec plus ultra de l’action ministérielle, alors que celui-ci avait été, dans d’autres temps mais sous la même majorité politique, doublé en 1981.  

Autre époque, autres mœurs, mais ce problème est d’autant plus saillant que le poids croissant des industries culturelles renforce le déséquilibre entre l’action publique et les intérêts privés.  

Dernière difficulté de la fonction de ministre de la Culture et peut-être la plus difficile : se faire apprécier d’un monde culturel exigeant, passionné, désireux d’être aimé à la hauteur de sa contribution à la créativité nationale et à notre économie. Un monde culturel qui a le sentiment d’avoir été abandonné par l’Etat en général, et par la Gauche en particulier.  

C’est parce que ce pari de renouveler le ministère de la Culture semble impossible que nous avons voulu nous interroger sur les pouvoirs de ce ministère de la Culture qui frappe tant l’imagination de nos concitoyens. Quels pouvoirs pour l’action culturelle de l’Etat dans le monde d’aujourd’hui ? Celui-ci peut-il favoriser une certaine conception de la culture sur une autre et si oui laquelle ? La politique culturelle est-elle une parenthèse déjà refermée dans l’histoire de notre pays ? 

Ce sont ces questions que nous allons aborder aujourd’hui avec Thomas Wieder et nos invités dont la Ministre de la Culture Fleur Pellerin, dans cette nouvelle édition de L’Atelier du pouvoir

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Marcelo

Author: Marcelo

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