Les intermittents ne sont pas responsables du déficit de l'Unédic

Les intermittents ne sont pas responsables du déficit de l’UNEDIC. Ici l’article de LIbé du jeudi 10/02/14 qui ont invité Samuel Churin de la Coordination des intermittents et des précaires de l’ile de France CIP-IDF

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INTERVIEW Samuel Churin, comédien et porte-parole de la Coordination des intermittents et précaires, revient sur l’accord conclu en mars sur l’assurance chômage.

Trois semaines après la clôture des négociations de l’assurance chômage, les intermittents restent mobilisés. Après avoir manifesté, vendredi dernier, devant le palais de Chaillot, ils ont envahi mardi, en direct, le plateau du JT de France 2. Des actions coup de poing pour «essayer de se faire entendre», explique Samuel Churin (photo DR), comédien et porte-parole de la Coordination des intermittents et précaires. Depuis 2003, au sein du Comité de suivi de la réforme de l’assurance chômage des intermittents, fondé avec Noël Mamère, il planche sur les améliorations à apporter au régime. Sur le même sujet

   Interview
   «Les intermittents ne sont pas responsables du déficit de l'Unédic»
   Par Amandine Cailhol
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   Tchat
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Mardi, une trentaine d’intermittents ont essayé, sans succès, de prendre la parole pendant le direct de David Pujadas. Quel message voulaient-ils faire passer ?

Samuel Churin : Leur but était de dénoncer les négociations du 22 mars dernier qui se sont déroulées sans nous et contre nous. Ce qui s’est passé ce jour-là, en catimini dans les locaux du Medef, est un manque flagrant de démocratie. Sur les huit syndicats présents, un seul, la CGT, ultra majoritaire chez les intermittents, a parlé pour nous. L’accord qui en découle ne prend pas en compte nos propositions et nous affaiblit lourdement. C’est d’autant plus injuste, que les arguments avancés par le patronat ne tiennent pas la route.

Comment peut-on croire que les intermittents, à peine 100 000 personnes indemnisées, soient responsables du déficit de l’Unédic ? En utilisant des chiffres fallacieux, nos détracteurs laissent entendre que nous participons pour ¼ du déficit. C’est faux ! Tout au plus, le chiffre avoisine les 1/30èmes. Le raisonnement est absurde et le Medef le sait très bien. D’ailleurs, en off, il reconnaît qu’économiquement cela n’a pas de sens. La véritable bataille est idéologique. S’il n’y a pas de raisons objectives, pourquoi s’attaquer au régime des intermittents ?

C’est simple, le Medef est inquiet et ne veut pas que nous devenions un modèle pour les autres. Au départ, notre régime a été pensé pour répondre aux difficultés des techniciens du spectacle qui ne parvenaient pas à enchaîner des contrats. C’est même le patronat qui a demandé cette réforme, appliquée ensuite aux artistes. Le but était d’assurer une continuité de revenus pour une situation de discontinuité d’emploi.

Aujourd’hui, ces vies professionnelles discontinues sont devenues la norme, avec une recrudescence d’emplois courts, de petits boulots et de temps partiels. L’intermittence des emplois se retrouve dans tous les secteurs. C’est pourquoi, nous disons qu’il y a urgence à penser un système qui réponde globalement à ces enjeux. Malheureusement, c’est l’inverse qui est en train d’être mis en place. Aujourd’hui, notre pays compte 9 millions de pauvres, alors que plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé. Et le nouveau plan d’économie de l’Unédic ne va faire qu’empirer la situation. Vous ne vous battez donc pas que pour les intermittents ?

Nous parlons au nom de tous les précaires. Les intermittents vont être très pénalisés par la réforme, notamment par la nouvelle formule de calcul du différé de paiement qui va surtout léser les bas et moyens revenus. Pour quelqu’un qui gagne 1 200 euros par mois brut, la carence sera de 29 jours, soit un mois sans revenus. Mais ils ne seront pas les seuls touchés. L’accord supprime également tout le contenu de l’annexe 4 qui garantissait les droits des intérimaires. Selon nos estimations, ils vont subir une perte de 300 euros en moyenne par mois. Et il y a d’autres précaires, comme les pigistes, par exemple. Quels sont vos propositions ?

Le régime des intermittents est devenu un mécanisme à droit de tirage. C’est un système capitalisé qui ne peut qu’amener des dérives. En clair, aujourd’hui, une fois ouverts, les droits des allocataires courent jusqu’à épuisement, sans date butoir. Depuis dix ans, au sein du Comité de suivi, qui regroupe des parlementaires et des représentants d’organisations, nous préconisons un retour au système d’avant 2003, avec un calcul des droits basé sur une période donnée (507 heures sur 12 mois) et une date anniversaire.

Nos propositions ont été évaluées par deux économistes indépendants qui ont conclu que notre système était plus juste, plus vertueux et pouvait déboucher sur près de 100 millions d’économie. Ils ne sont pas les seuls à le dire, il y a dix ans tous les socialistes applaudissaient nos propositions. Et aujourd’hui quelle est la position du PS ?

Nous aimerions bien le savoir, mais personne ne veut se mouiller ! Que pense Anne Hidalgo, qui, lorsqu’elle était responsable de la section culture du PS, en 2003, ne manquait aucune de nos manifestations ? Et Patrick Bloch qui avait déposé une proposition à l’Assemblée visant à revenir sur la réforme de 2003 ? Rappelons qu’à cette époque, François Hollande était au premier rang de nos conférences de presse. Aujourd’hui, le PS est tenu par le gouvernement qui lui même est pieds et mains liés avec le Medef et le pacte de responsabilité. Qu’attendez-vous du gouvernement ?

A l’heure actuelle nous n’avons reçu aucun signal positif de la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti. Pas plus que de la part de François Rebsamen, nouveau ministre du Travail. Nous lui avons envoyé un message, lui rappelant qu’il avait signé, le 9 mars dernier, une tribune du Comité de suivi qui demandait entre autres que nos propositions soient étudiées, mais pour l’heure nous n’avons pas eu de réponse. D’autres actions sont-elles envisagées ?

Pour le moment nous travaillons surtout à informer et à décrypter les textes. Rien n’est décidé en ce qui concerne les festivals. Mais des actions sont possibles. Une journée de manifestation aura notamment lieu pendant le printemps de Bourges. Amandine CAILHOL

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Action sur le journal d’Antenne 2

article sur Bellaciao

séquence rapide de l’action sur le Parisien

tiens on voit sur une pancarte "c’est quand Cannes " "Should i go , shoul i stay"

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Marcelo

Author: Marcelo

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